《 The speakers have not arrived |缺席發言人 》


Single-channel video | 02'52 | 2020


This is an excerpt from a film downloaded from Youtube regarding a state press conference on the subject of the coronavirus in March 2020. Before the conference begins, there is a wait that lasts longer than 30 mins. In front of the screen, nothing can be seen except an empty podium and several heads of journalists. With this extract of the empty space before the start of the conference, I recreate an imaginary press conference, accompanying the recording of the dialogue between two homeless friends, to question the balance of power in the transmission of information from our society between the state and peoples who undergo collective invisibility.


In terms of sound, a refugee, Alexis Agbenoci, uses his cell phone to record his interview with Marco, a friend with whom Alex often spends time on the street. To discuss the subject of the coronavirus, Alex asks several questions and Marco answers him. Similar to the form of an interview in a press conference where there is an exchange consisting of questions and answers, Alex and Marco are commenting on the crisis with an almost playful and humorous attitude. There is a big gap between what is the grave reality and what they are seeing and upon which they are commenting.


Indeed, during this time of confinement, so many people stay at home, but not these people who are homeless. Alex and his refugee friends are forced to sleep on the streets, endlessly undergoing a threats to their health and the collective anguish of an uncertain future. But even though the epidemic is spreading severely, they are not really watching the COVID-19 press conference, that the viewer watches, over the internet on their phones. In fact, they are also not trying to take steps to protect themselves against the virus (per their report, this is what they have told the artist).


There is a rupture between a normal society and the lived experience of those who are on the margins, almost as if these two modes of living exist on different planets. By focusing on people who are silent in society, the artist would like to ask, “Do these marginalised people have the right to be listened to? And if they do not have nor never had the right to be listened to, might consciousness of this change the way they produce and receive language? By co-opting and adopting a form of conference, I observe this rupture of these two worlds by wondering, alongside the viewer, where this separation comes from, and why and how these two worlds do not listen to each other anymore.


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C’est un extrait d’un film téléchargé de Youtube concernant à une conférence de presse de l’État sur le sujet du coronavirus en mars 2020. Avant le début de la conférence, il y a une attente qui dure plus de 30 mins. Devant l’écran, on ne voit rien à part un podium vide et plusieurs têtes de journalistes. Avec cet extrait de l’espace vide avant le début de la conférence, je recrée une conférence de presse imaginaire accompagnant l'enregistrement du dialogue entre deux amis sans domicile fixe pour remettre en question le rapport de forces dans la transmission de l’information de notre société entre l’État et des peuples qui subissent l’invisibilité collective. 


 Au niveau du son, un réfugié Alexis Agbenoci a utilisé son portable pour enregistrer son interview avec Marco avec qui ils passent du temps dans la rue souvent. Pour discuter sur le sujet du coronavirus, Alex a posé plusieurs questions et Marco lui a répondu. Similaire à la forme d’interview dans une conférence de presse où il y a un échange composant des questions et des réponses, Alex et Marco sont en train de commenter la crise avec une attitude presque badine et humoristique. Il y a un grand décalage entre ce qui est en train de se passer et ce qu’ils voient en réel. 


 En effet, pendant ce moment du confinement, tout le monde reste à la maison sauf ces gens qui sont sans domicile fixe. Alex et ses amis réfugiés sont obligés de dormir dans la rue en subissant sans cesse une menace sanitaire et une angoisse collective sur un futur incertain. Mais même si l’épidémie se propage gravement, ils regardent pas vraiment la conférence de presse sur COVID-19 via l’internet sur leur téléphone. D’ailleurs, ils n’essayent pas non plus de prendre des mesures pour se protéger contre le virus. 


 Il y a rupture entre une société normale et ceux qui sont à la marge. Comme si fondamentalement, on vivait dans deux différentes planètes. En focalisant sur des gens qui sont muets dans la société, je voudrais demander est-ce qu’ils ont le droit d’être écoutés ? S'ils n’ont jamais eu le droit d’être écoutés, est-ce que ça va changer leur manière d’utiliser le langage et le système de réception du langage ? En adoptant une forme de la conférence, j’observe cette rupture des deux mondes en m’interrogeant d’où vient cette séparation, et pourquoi et comment ces deux mondes ne s’écoutent-ils plus.

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